Les enfants des rues

I bambini di strada

Fuyant des familles brisées par la misère et la violence, maltraités, violés, les enfants des rues proviennent même des localités les plus lointaines du Pays. Ils survivent et arrivent jusqu’aux marchés des villes, en particulier dans ceux de la capitale, Managua, en mendiant, en volant, en attaquant, en exerçant des travaux inappropriés à leur âge. Tout en subissant des violences et parfois des tortures, réunis en petites bandes agressives et opposées entre elles-mêmes, ils passent la nuit sous les bancs du marché ou par terre sur des cartons, ils inhalent des vapeurs de colle et d’autres drogues mortelles et utilisent même des couteaux ou des armes pour se défendre et pour attaquer. Au Nicaragua, un des pays les plus pauvres de l’Amérique centrale, avec les indices les plus hauts de natalité et de mortalité, les mineurs de dix-huit ans constituent plus de la moitié des 5 millions d’habitants. Les enfants des rues se comptent par milliers. Leur nombre croít sans cesse, ce qui est un triste indicateur de la condition du Pays.

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J’avais vu los niños de la calle au Mexique, au Guatemala; des pays où ces problème régnaient déjà depuis des années. Au Nicaragua cependant, il n’existait presque pas. Le gouvernement sandiniste assurait l’éducation, les soins médicaux et la canasta basica, c’est-à-dire le minimum alimentaire. Les enfants que l’on voyait dans les rues, peu nombreux, étaient presque tous orphelins de guerre. Je n’avais donc pas été frappée par eux. Mais trois enfants m’ont marquée. Ils étaient tout petits et dormaient dans la jante d’un camion...continua